04 nov. 2026

Kahe Nautic prépare la production de masse d’un drone “low cost” semi-submersible et multi-missions pour la Défense et le Civil

Né d’une demande de certaines unités de forces spéciales françaises, le drone K600 doit permettre à la start-up girondine Kahe Nautic de se positionner sur le marché des drones navals à bas coût. Présenté à Euronaval, l’entreprise vise une présérie de 300 exemplaires à l’automne 2027, avant une montée en cadence en 2028, avec l’appui envisagé d’industriels français certifiés pour la défense.

  • Ce drone semi-submersible ouvre la gamme K-series, destinée aux usages civils et de défense.
  • Kahe Nautic développe des modules de navigation en essaim.
© Kahe Nautic

« On ne l’avait pas planifié », reconnaît Christian Ollier, cofondateur de KAHE Nautic. Ce sont des rencontres lors du CES de Las Vegas en 2024 qui dessinent les prémices de la future dualité de l’entreprise. L’ambition initiale de la start-up française de Lacanau, en Gironde, était de développer une gamme de propulseurs électriques polyvalents pour contribuer à la décarbonation du nautisme. Ses produits ont suscité l’intérêt des forces armées françaises pour leurs missions opérationnelles. De ces premiers usages et échanges avec les différentes unités est née une demande inattendue pour KAHE : concevoir un drone semi-submersible.

« Ça a été une unité de l’armée, puis une deuxième, puis une troisième… », se souvient Aude Blandineau, directrice des opérations. Face à ces sollicitations répétées, l’entreprise a décidé d’étudier ce qu’elle pouvait développer à partir de sa technologie existante, sans repartir de zéro, après cinq années de recherche et développement sur ses propulseurs. « On s’est dit que nous avions déjà la propulsion et qu’il nous “suffisait” entre guillemets – je me ferais taper sur les doigts si nos ingénieurs m’entendaient – de créer un flotteur central pour en faire un drone semi-submersible », ajoute Aude Blandineau.

Une plateforme conçue avec les forces opérationnelles

Un premier prototype, équipé d’une caméra GoPro, a été testé avec les forces spéciales. Les échanges ont ensuite orienté le développement vers une plateforme ouverte capable d’accueillir des équipements adaptés aux différentes missions.

« Notre vraie valeur ajoutée est de proposer un vecteur modulaire, c’est le concept que nous avons appliqué sur nos moteurs de bateau, vecteur sur lequel on pourra plugger des interfaces en fonction des missions », explique Aude Blandineau. Caméra, sonar ou autre charge utile : l’objectif est de laisser aux utilisateurs et aux intégrateurs le soin de définir la fonction finale du drone.

Les équipes de Kahe Nautic ont identifié au moins 65 applications potentielles pour la gamme dans le secteur civil. « Cela va depuis la surveillance portuaire, la réparation portuaire, celle de canalisations ou de coques à la SNSM, en passant par la sécurité des plages, la surveillance du corail, les laboratoires marins, la recherche ou l’identification des animaux marins comme les baleines. Il y a aussi le fluvial, le portuaire, les écluses, il y a tout la rivière aussi ! », décrit Christian Ollier.

Pour les applications militaires, le nombre de missions n’a pas encore été arrêté. Cela s’affinera en fonction des demandes des différentes unités.

Le pari du drone à bas coût déployé en nombre

La stratégie de la startup repose aussi sur un prix d’entrée bas. Annoncé à 5 900 euros (HT), le K600 vise un modèle économique différent de celui des plateformes navales complexes et coûteuses. « Un drone semi-submersible à 5 900 € change totalement l’équation : son positionnement prix imbattable, son fonctionnement en solo ou en essaim, sa modularité qui en font un vecteur multimission, civil ou défense, permet d’adresser des marchés de masse », souligne Aude Blandineau.

Kahe Nautic entend s’appuyer sur une technologie propriétaire propulsion et software et sur une conception travaillée dès l’origine pour maîtriser les coûts. « On a toujours travaillé en ‘design to cost’ sur nos moteurs de bateaux et nos propulseurs », explique Christian Ollier. L’entreprise veut conserver cette logique pour le drone, sans renoncer à la fiabilité. Pour l’entreprise, le rapport entre le coût du système et les missions qu’il peut accomplir constitue l’un des principaux arguments K600.

Cette approche répond à l’évolution des besoins militaires. Les conflits récents ont mis en évidence l’importance des drones et produits engagés en nombre, en complément de systèmes plus sophistiqués. « Nous entendons que nous sommes en train de passer d’une défense très ciblée, très technologique et donc extrêmement chère, à une occupation des théâtres d’opérations plus massive donc avec un besoin d’engins plus accessibles en prix », estime Christian Ollier.

Le K600 atteint jusqu’à dix heures d’autonomie selon les missions. La gamme doit s’élargir avec les K1200 et K2400 qui permettront d’augmenter à la fois la puissance et l’autonomie. Des modules de navigation en essaim sont également en développement.

L’enjeu industriel sera de faire évoluer le concept vers une production en série. L’entreprise travaille avec un industriel français de la BITD pour produire une première présérie d’environ 300 K600 à l’automne 2027. Une production de masse est envisagée dès 2028.

04 nov. 2026

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