4 questions à Alice Rufo
Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants
Vous avez lancé une initiative pour fédérer les start-up de la Défense et faciliter le dialogue avec le ministère des Armées et les acteurs du secteur. Où en êtes-vous aujourd’hui, notamment dans le domaine naval ?
Auriez-vous des cas concrets d’avancées pour certaines start-up dans le domaine naval militaire ?
Plusieurs entreprises de l’Initiative Start-up Défense développent des technologies qui répondent aux besoins de nos forces navales, et sont d’ailleurs présentes à Euronaval. Dans le NewSpace, des entreprises comme Unseenlabs et Kinéis développent des capacités satellitaires qui permettent de mieux surveiller les espaces maritimes, de détecter et de suivre les navires – notamment ceux qui cherchent à échapper aux dispositifs classiques de surveillance – et de renforcer ainsi la lutte contre les trafics et les activités illicites en mer. Dans le domaine de la robotique navale, Exail développe des drones de surface et sous-marins capables de détecter, d’identifier et de neutraliser les mines qui menacent les navires et les voies de navigation. Ces technologies sont notamment mises en œuvre dans le cadre d’un programme de coopération entre la Belgique et les Pays-Bas, associant Exail et Naval Group, afin d’équiper les marines belge et néerlandaise de nouveaux bâtiments de lutte contre les mines.
Selon vous, quels sont les principaux défis auxquels les industriels de la défense devront faire face dans les années à venir ?
J’identifie quatre défis principaux. Premièrement, la montée en cadence industrielle. Nous devons produire davantage, plus rapidement, sécuriser nos chaînes d’approvisionnement et, plus généralement renforcer la résilience de notre BITD. Deuxièmement, l’accélération des cycles d’innovation. La guerre en Ukraine et les tensions croissantes au Moyen-Orient démontre que les technologies et les modes d’action évoluent extrêmement vite. Nous devons être capables d’intégrer plus rapidement les innovations technologiques dans les domaines des drones, des systèmes autonomes, de l’IA ou encore de la guerre électronique dans nos capacités opérationnelles. Troisièmement, le passage à l’échelle ; c’est ce qui ressort de mes échanges avec les entreprises de l’Initiative Start-up Défense. Il ne suffit pas de développer des prototypes performants, ce que nous savons faire, mais il faut aller plus vite dans leur expérimentation, leur industrialisation et leur production en série, en renforçant notamment les coopérations entre start-up, PME, ETI et grands groupes. Enfin, la coopération européenne et l’accès aux marchés internationaux seront déterminants pour permettre à nos industriels d’atteindre la taille critique nécessaire à leur développement et de mutualiser les investissements.
Quels messages voulez-vous envoyer aux industriels de la défense à l’occasion d’Euronaval ?
- Aude Leroy