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Quand les sous-marins lancent leurs propres drones de surface
À Euronaval, Gabler dévoile une nouvelle approche du déploiement des drones de surface. Ses USV Ranger et Raider sont conçus pour être lancés depuis les tubes lance-torpilles standards d’un sous-marin, afin d’offrir de nouvelles options tactiques, du renseignement à l’attaque.
- Le système TTL-USV est conçu pour être lancé depuis le tube lance-torpilles d’un sous-marin
- Les équipes de GABLER autour du programme TTL-USV
© Gabler Group
Gabler, entreprise allemande spécialisée dans les systèmes sous-marins, présente le concept TTL-USV (Tube-launched Uncrewed Surface Vessel), qui viseà doter les bâtiments submersibles de nouvelles capacités. Lancé depuis les tubes lance-torpilles standards, ce type de drone de surface sans équipage peut ainsi étendre les capacités du bâtiment en matière de capteurs, de communications et d’armement.
« Le principal avantage est qu’un nouveau système, apportant des capacités supplémentaires, peut être utilisé depuis des sous-marins existants sans modification à bord », explique Gabler. Le commandant dispose ainsi de nouvelles options face aux forces adverses, sans révéler la position de son submersible.
Préserver la discrétion du sous-marin
Le lancement s’effectue alors que le bâtiment est immergé. « La remontée différée du TTL-USV, ainsi que son rayon d’action et son endurance, permettent au sous-marin de conserver ou d’accroître une distance de sécurité par rapport à la zone où l’USV pourrait être détecté par les forces adverses », précise Gabler. Le sous-marin n’est en outre pas contraint d’utiliser ses propres systèmes optroniques ou ses antennes dans une zone protégée, pour plus de discrétion.
Long de 4,5 mètres, Ranger dispose d’une quille et d’un mât de capteurs repliables. Une fois à la surface, il peut exécuter des missions préprogrammées, fonctionner de manière autonome et être guidé par fil ou par radio. Sa conception a dû répondre à plusieurs contraintes : assurer son lancement depuis la profondeur habituelle d’emploi des sous-marins, tout en permettant une exploitation quasiment à la surface. Le système doit aussi être adapté à celui de manutention des armes du sous-marin concerné et garantir un démarrage sûr à la sortie du tube.
Ranger et Raider : deux options tactiques
Les deux systèmes ne sont pas nécessairement destinés à opérer ensemble : Ranger peut renforcer les capacités de capteurs et de communications, quand Raider propose une aptitude d’attaque à usage unique (le système n’est pas récupéré à l’issue), avec une possibilité d’emploi dans des environnements très confinés et peu profonds où l’utilisation d’une torpille est difficile, voire impossible (notamment dans les ports).
Le programme associe l’expertise de Gabler dans le domaine sous-marin à Flanq, qui apporte son expérience dans la conception de petits USV, les logiciels de mission, le contrôle et l’intégration de plusieurs systèmes de capteurs.
Un premier essai en mer
LeSurface Sea Acceptance Test (SSAT), un essai d’acceptation en mer réalisé en surface, a permis de démontrer la manœuvrabilité et la stabilité de Ranger, ainsi que son fonctionnement autonome et son guidage radio, en juin dernier. Après cette phase de preuve de concept, les prochaines étapes comprennent les lancements depuis des sous-marins, le processus de certification et les éventuelles adaptations de la conception. La définition des modules de mission et des équipements devra également être menée avec les futurs clients.
- Linda Verhaeghe