05 nov. 2026

Lutte anti-drones : Le RAPIDFire mise sur la précision STARNAV

Pour intercepter un drone, encore faut-il que le canon tire exactement là où la conduite de tir lui indique de viser. C’est à cet écart que s’attaque Starnav avec Rapace, un système optique capable de mesurer l’alignement du canon, sans tir ni laser, désormais adapté au 40 mm RapidFire.

Rapace mesure optiquement l’alignement du canon avec le système de visée, sans tir ni laser.

© STARNAV

Un léger défaut d’alignement peut suffire à réduire la précision d’un tir à longue distance. Sur un canon naval, destiné notamment à faire face aux menaces liées aux drones, le problème est d’autant plus sensible, car l’alignement entre le canon et la chaîne de visée peut varier selon l’angle du canon. C’est le problème auquel répond Rapace, un dispositif optique de réglage des armes développé par la PME française Starnav, spécialisée dans les technologies de précision pour les systèmes d’armes et la navigation.

Initialement développé pour des armes de petit calibre, Rapace est désormais décliné jusqu’au 40 mm. Son adaptation au RapidFire, un système d’artillerie navale téléopéré développé par Thales et KNDS France, permet ainsi d’appliquer cette technologie à une arme de calibre supérieur et aux contraintes spécifiques du milieu naval.

« Pour engager une menace aérienne, l’arme doit pouvoir pointer à différentes hauteurs : un alignement vérifié uniquement à l’horizontale ne permet pas de caractériser toute sa plage d’emploi. Nous cherchons donc à mesurer l’écart réel entre la direction dans laquelle pointe le canon et celle donnée par la référence de visée, afin que la conduite de tir puisse en tenir compte », explique Georges Lamy au Rousseau, fondateur et gérant de Starnav.

Quand le canon prend de la hauteur

Pour ce faire, RAPACE utilise deux caméras : l’une mesure l’axe du canon et l’autre celui du télémètre laser, qui sert de référence au viseur, ce qui permet au système de déterminer les écarts entre les deux axes sans effectuer de tir et sans projeter de faisceau laser vers une cible extérieure. La mesure peut être réalisée lorsque le canon pointe de 10° vers le bas jusqu’à 70° vers le haut, y compris lorsque le navire est en mer.

« Un réglage réalisé uniquement à l’horizontale ne permet pas de caractériser le comportement de l’arme lorsqu’elle pointe vers une cible aérienne. Nous voulons au contraire mesurer ces écarts sur toute la plage d’élévation pertinente pour son emploi », souligne Georges Lamy au Rousseau.

L’enjeu est particulièrement concret dans la lutte contre les drones. Une petite cible aérienne laisse peu de marge à l’erreur et impose de tirer pleinement parti de la précision du canon et de la conduite de tir. La maîtrise de l’alignement doit donc permettre d’exploiter au mieux les performances du système d’arme. Dans ce contexte, cette précision contribue à faire du canon un moyen de défense complémentaire des missiles et à préserver ces derniers pour les engagements qui le nécessitent.

Le réglage à l’épreuve de la mer

Au-delà de la mesure elle-même, la société met en avant la possibilité d’effectuer ces contrôles en mer, dans les conditions réelles d’utilisation du canon, notamment avec les mouvements du bâtiment et les variations d’élévation. « L’intérêt est de pouvoir vérifier l’alignement dans des configurations représentatives de l’emploi opérationnel de l’arme, et pas uniquement dans une situation de réglage à terre », indique le dirigeant de Starnav.

Cette capacité répond aussi à un enjeu de disponibilité car, pour les marines, identifier rapidement un éventuel écart entre le canon et la visée permet de sécuriser le réglage de l’arme avant son engagement, sans recourir à une séquence de tir.

Starnav travaille déjà sur la suite avec Rapha, un système destiné à harmoniser les différentes voies d’un viseur : celle de jour, utilisée pour l’observation en conditions normales de luminosité, celle de nuit, adaptée aux situations de faible luminosité et le télémètre laser, qui mesure la distance jusqu’à la cible. Ces différents éléments doivent être alignés sur une même référence pour garantir la cohérence de l’ensemble de la chaîne optronique.

Une même logique pour la navigation

Cette recherche de précision et d’autonomie se retrouve dans une autre solution présentée à Euronaval par Starnav : Magellan, son système de navigation astro-inertielle, dont l’intégration à un démonstrateur de Naval Group est prévue. Magellan utilise le Soleil et les étoiles pour maintenir une navigation précise, même lorsque les signaux GPS sont brouillés ou leurrés. De manière globale,Starnav cherche à donner aux systèmes d’armes et de navigation des références de précision indépendantes et vérifiables au plus près des conditions opérationnelles.

05 nov. 2026

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