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Saipem accélère dans la robotique sous-marine
Du robot d’intervention électrique Hydrone-W aux drones résidents Hydrone-R et Flatfish, Saipem développe des solutions autonomes pour intervenir, inspecter et surveiller les infrastructures sous-marines. Son objectif est de réduire les coûts, les risques et la dépendance aux navires de support.
- Le robot électrique Hydrone-W combine puissance et polyvalence pour les interventions sous-marines.
- L’Hydrone-R assure l’inspection et la surveillance des infrastructures sous-marines sur de longues périodes.
- Le FlatFish réalise des inspections autonomes et adapte ses trajectoires pour détecter d’éventuelles anomalies.
© Saipem
Hydrone-W, entre puissance électrique et polyvalence
Entièrement électrique, Hydrone-W développe une puissance continue de 200 chevaux et peut transporter jusqu’à 300 kg de charge utile. Plus compact que les robots sous-marins téléopérés (ROV) hydrauliques de classe travail traditionnels, il s’intègre plus facilement aux navires disposant d’un espace limité, notamment ceux équipés d’un puits de mise à l’eau (moonpool). Son architecture électrique évite les risques de fuite de fluides hydrauliques dans les environnements sensibles, tout en permettant l’ajout d’une unité hydraulique pour utiliser des outils conventionnels.
« Le véhicule reste suffisamment polyvalent pour intégrer des équipements traditionnels lorsque les opérations l’exigent », précise Francesco Cavallini, directeur commercial mondial des activités Technologies et Services sous-marins de Saipem.
Hydrone-W est également conçu pour intégrer progressivement des fonctions d’intelligence artificielle. Héritant des développements de la plateforme Hydrone, il dispose de capteurs avancés et de fonctions d’assistance à la navigation, comme le positionnement dynamique, la planification d’itinéraires et le suivi de pipelines. Sa compatibilité avec les technologies embarquées sur les autres drones de la flotte doit faciliter l’intégration de fonctionnalités supplémentaires, notamment la détection de fuites sur les infrastructures sous-marines critiques.
Moins de navires, plus d’autonomie sous l’eau
Avec Hydrone-R et Flatfish, Saipem pousse plus loin le concept de robotique sous-marine en développant des systèmes capables de rester immergés sur de longues durées. L’expérience acquise avec Hydrone-R dans le cadre du contrat avec Equinor, dont les opérations ont débuté à la mi-2023, constitue un jalon important. Le programme a notamment enregistré une plongée continue de huit mois sans opération de maintenance, tandis qu’un drone résident a dépassé deux années d’exploitation.
Ces résultats illustrent le potentiel d’une architecture dans laquelle le robot demeure sur site, plutôt que d’être mobilisé depuis un navire pour chaque intervention. Une station d’accueil sous-marine permet la recharge et les échanges de données : l’accès à l’alimentation électrique et aux communications sous-marines constitue ainsi un élément déterminant du dispositif.
L’intérêt économique est particulièrement marqué lorsque les inspections sont fréquentes. Selon Francesco Cavallini, « la solution résidente peut présenter un écart de coût d’au moins un ordre de grandeur par rapport au recours quotidien à un navire conventionnel ». Au-delà des dépenses d’exploitation, cette architecture réduit la dépendance aux conditions météorologiques et supprime une partie des contraintes liées à la mobilisation et à la démobilisation des moyens navals. La présence permanente du drone sur site permet également de raccourcir les délais de réaction lorsqu’une intervention rapide devient nécessaire.
Autonomes à bon escient
Hydrone-R et Flatfish peuvent effectuer des inspections autonomes selon des parcours prédéfinis, mais aussi adapter leur mission lorsqu’un événement est détecté : en cas de suspicion de fuite sur un pipeline, par exemple, le drone peut modifier son itinéraire initial pour préciser la localisation de la source. Le même principe peut s’appliquer à d’autres infrastructures, comme les câbles électriques ou les liaisons de fibre optique. Les deux systèmes sont également capables de suivre des trajectoires complexes entre des points définis, dans les plans horizontal et vertical.
Même à court terme, les capacités proposées par Saipem permettent le développement d’une véritable infrastructure robotique sous-marine permanente. Des stations de base peuvent être positionnées à proximité des actifs à surveiller ou en des points stratégiques, permettant ainsi de déployer les drones selon les besoins. Les applications possibles vont donc bien au-delà du seul secteur de l’énergie offshore, s’étendant à la surveillance continue de câbles sous-marins, de réseaux de transport et d’autres infrastructures sensibles.
- Linda Verhaeghe