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Egide adapte ses systèmes anti-drones à la protection des navires
La startup française étend ses systèmes anti-drones au naval. Sa gamme comprend deux effecteurs complémentaires : Steropes pour neutraliser les petits drones FPV et Arges pour les engins plus rapides et de plus grande portée. L’entreprise étudie leur intégration à bord des navires, en complément des systèmes de défense existants.
© Pascal Samama
Après le combat terrestre, Egide adapte ses solutions de lutte anti-drone au domaine naval. Pour sa première participation à un salon naval, la jeune entreprise française présente deux effecteurs, Steropes et Arges, conçus pour intercepter différentes catégories de drones. Leur intégration à bord des navires constitue une nouvelle étape de développement.
« La menace des drones ne concerne plus seulement les forces terrestres. Les bâtiments de surface et les infrastructures portuaires doivent également se protéger contre des attaques menées par des drones légers ou des appareils de plus grande portée », explique Florian Audigier, co-fondateur d’Egide.
Deux effecteurs pour deux types de menaces
Steropes est destiné à neutraliser les petits drones FPV utilisés sur les théâtres d’opérations. « Son fonctionnement repose sur une mise en œuvre simplifiée : l’opérateur oriente le système vers la menace, verrouille la cible et déclenche le tir. L’effecteur se dirige ensuite de manière autonome vers le drone », indique Florian Audigier. Le dispositif peut fonctionner sans radar ni capteur électro-optique externe.
Arges vise des menaces plus importantes et plus rapides, comme les drones d’attaque iraniens Shahed ou les Geran russes. L’entreprise annonce une capacité de détection jusqu’à 15 km et une portée d’interception comprise entre 10 et 15 km, en fonction de la vitesse de la cible. Son système de guidage permet d’intercepter une menace quelle que soit sa direction d’approche, sans avoir à la poursuivre.
Une défense complémentaire aux missiles
L’approche d’Egide consiste à proposer des effecteurs moins coûteux que les missiles sol-air ou antinavires classiques. Ils pourraient ainsi compléter les systèmes de défense existants, en prenant en charge les menaces représentées par les drones et en réservant les missiles plus onéreux à des cibles plus complexes, comme les avions, les hélicoptères ou les missiles balistiques.
Pour le domaine naval, l’entreprise envisage une intégration à bord des bâtiments, notamment au moyen d’un conteneur installé sur le pont. Le principe de fonctionnement serait proche de celui envisagé pour les systèmes terrestres, avec une possibilité de connexion au système de commandement du navire. Mais l’adaptation reste à travailler : les contraintes d’espace et la disponibilité des emplacements à bord compliquent l’intégration de ces équipements.
Créée en septembre 2025, Egide a levé 8 millions d’euros en mars 2026. Ce tour de table a été mené par Expeditions, Eurazeo et Heartcore Capital, avec la participation de Galion.exe et Kima Ventures. Après Eurosatory, Euronaval constitue sa deuxième participation à un salon professionnel et sa première exposition dans le secteur naval.
- Pascal Samama