06 nov. 2026

Cerbair adapte sa lutte anti-drone au domaine naval

À l’occasion d’Euronaval 2026, Cerbair présentera la déclinaison navale de son détecteur Hydra 300, ainsi que son nouveau système compact Chimera 200. L’entreprise française mise sur une approche modulaire et industrialisée pour répondre aux besoins de lutte anti-drone des bâtiments et des infrastructures offshore.

La famille de systèmes Hydra, référence de la lutte anti-drones, accueille une troisième version. L’Hydra 300 affiche une portée de détection d’un rayon de 2km à 7km.

© Cerbair

La lutte anti-drone ne se limite plus aux seuls théâtres terrestres. Avec la multiplication des drones autour des bâtiments de guerre, des ports et des infrastructures énergétiques offshore, les besoins de détection et de brouillage gagnent désormais le domaine maritime. C’est sur ce marché que Cerbair entend accélérer, en s’appuyant notamment sur des équipements déjà industrialisés pour les applications terrestres.

Parmi les principales nouveautés présentées à Euronaval figure la déclinaison navale du Hydra 300, le détecteur de drones de Cerbair. L’intérêt de cette approche est industriel : plutôt que de développer un capteur naval entièrement nouveau, l’entreprise adapte un équipement déjà produit en série pour les applications terrestres.

« D’ordinaire, avec les capteurs navalisés, ce sont des chaînes de production spécifiques aux coûts extrêmement élevés et les délais d’exécution le sont tout autant. Là, cela nous permet de pouvoir répondre en quelques semaines ou quelques mois à une nouvelle demande », explique Charlie Pinedo, directeur des produits et de la stratégie de Cerbair.

La transformation porte principalement sur la résistance aux contraintes propres au milieu marin, notamment sur les aspects mécaniques et sur la corrosion. L’électronique, elle, reste inchangée. Cerbair avait par ailleurs intégré, dès la conception du modèle terrestre, les contraintes électromagnétiques particulières des bâtiments de guerre, en travaillant notamment avec des experts de Naval Group.

Cette architecture permet également de conserver une chaîne de soutien dimensionnée pour les volumes de la production terrestre, avec l’objectif de limiter les coûts et les délais associés à une version navale.

Des applications qui dépassent les navires de combat

Cerbair indique déjà avoir vendu cette version à une marine européenne, sans en préciser l’identité. Des projets sont également en préparation en Asie. L’entreprise travaille par ailleurs sur un projet de protection d’infrastructures en mer Baltique, notamment pour des champs éoliens en mer.

La protection des infrastructures énergétiques offshore constitue ainsi un débouché important pour les technologies anti-drone. Les éoliennes en mer, mais aussi les installations pétrolières et gazières, peuvent être confrontées à des drones utilisés pour la surveillance, la reconnaissance ou des actions malveillantes.

Cerbair présentera également à Euronaval le Chimera 200, un équipement compact combinant détection et brouillage. Destiné aux applications terrestres sur véhicules, il peut également être installé sur des embarcations légères. Une démonstration doit notamment être réalisée à bord d’un semi-rigide. Le Chimera 200 est également intégré sur un drone naval de Sirehna.

Un troisième équipement pourrait compléter la présentation : le Medusa 300, un brouilleur compact de forte puissance conçu notamment pour accompagner le Hydra 300 et assurer la fonction de brouillage après la détection.

Combler les « trous » de la guerre électronique

Cerbair ne cherche toutefois pas à concurrencer les systèmes de guerre électronique lourds qui équipent les grandes plateformes navales. L’entreprise revendique au contraire une approche complémentaire. « L’objectif est de traiter des menaces qui ne justifient pas nécessairement l’emploi des systèmes les plus complexes et les plus coûteux », résume Charlie Pinedo.

L’idée est notamment de réserver les moyens de guerre électronique les plus sophistiqués aux menaces qui le nécessitent, tandis que des équipements plus simples peuvent traiter les petits drones. « Pour combler les trous et ne pas employer un système à 30 millions d’euros pour faire ce qu’un système à 100 000 euros peut faire », explique le responsable de CERBAIR.

Cette philosophie repose également sur l’automatisation du traitement du signal. Les algorithmes doivent permettre de transformer les données brutes en une situation tactique directement exploitable par l’utilisateur, sans nécessiter un spécialiste de la guerre électronique devant analyser en permanence le spectre radio.

Une chaîne industrielle européenne

Sur le plan industriel, Cerbair conserve une forte maîtrise de ses briques technologiques. Les Hydra sont produits en France, tandis que les Medusa sont produits en Europe. Le Chimera 200 fait, lui, l’objet d’une collaboration avec une entreprise indienne. Le logiciel et le cœur du savoir-faire restent toutefois français.

L’entreprise revendique une logique de partenariats visant à s’appuyer sur des compétences locales pour accéder à certains marchés plutôt qu’à reproduire partout la totalité de sa chaîne industrielle.

06 nov. 2026

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