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BeamTracker : le chasseur de signaux radars de Thales
Délaissée pendant la guerre froide, la guerre électronique revient en force, notamment avec des solutions de taille réduite comme le BeamTracker de Thales : un équipement qui s’intègre sous un drone volant ou à bord d’un drone de surface. L’objectif : conserver ou obtenir la supériorité opérationnelle.
BeamTracker
© Thales
Aussi petit qu’un sac à dos, pesant environ 5 kilos, BeamTracker est entièrement passif. Il n’émet aucune onde, ce qui le rend indétectable, consomme très peu 2 à 3% de l’énergie du drone auquel il est intégré), transmet en temps réel par un lien satellite chiffré et ne stocke aucune information : une mesure de sécurité puisqu’il est potentiellement « perdable ».
La guerre en Ukraine, où environ 80% des opérations impliquent le domaine électromagnétique, redonne ses lettres de noblesse à ce type d’outil permettant la détection, l’analyse et la classification des émetteurs radars pour identifier les menaces.
Composé d’une charge utile de détection de signaux radars, le R-ESM (Radar Electronic Supports Measures) est relié à une station de traitement au sol, à bord d’un bâtiment de surface ou d’un véhicule. L’intelligence artificielle développée par CortAIx, l’accélérateur d’IA de Thales, est intégrée au traitement des données qui arrivent en masse et en temps réel.
Le système trie et filtre automatiquement les données au milieu d’environnements électromagnétiques saturés. L’opérateur peut ainsi écarter rapidement ce qui ne représente pas de menace pour se concentrer sur l’essentiel, indique le vice-amiral (2S) Emmanuel Sagorin, directeur commercial pour la guerre électronique navale chez Thales : « Sans cette aide, un opérateur n’exploiterait que 30% des données ».
Voir plus loin sans être détecté
Emmanuel Sagorin voit en outre trois avantages à ce type d’équipement : « Premièrement, le BeamTracker – littéralement le chasseur de signaux –, permet une alerte avancée : monté à 150 mètres, il étend la portée de détection d’environ 60% : les menaces sont repérées bien avant qu’elles n’atteignent l’horizon visuel. Deuxièmement, le R-ESM permet une localisation passive par triangulation et l’utilisation de plusieurs équipements démultiplie les capacités ». Cette supériorité « massique » peut être composée de systèmes de guerre électroniques embarqués, du BeamTracker (dont le champ de vision est de 100 degrés) et d’autres capteurs : elle permet de nourrir la base de données radar disponible et offre aux équipages une meilleure connaissance de leur environnement. Troisièmement, c’est du renseignement électronique (ELINT) « accessible financièrement ».
Emmanuel Sagorin en est persuadé : « Cet outil sera probablement le ‘Game changer’ de ces prochaines années ». Il milite pour que le BeamTracker soit embarqué à bord de chaque bâtiment de la Marine nationale, notamment ceux totalement dépourvus aujourd’hui de moyens de moyens de guerre électronique de détection de radar.
Des essais se poursuivent sur d’autres drones volants comme sur des hexacoptères voire des drones filaires. Selon Emmanuel Sagorin, différents pays s’intéressent au sujet.
- Aude Leroy