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Comment les drones Tekever sont conçus pour évoluer avec les besoins opérationnels
© Tekev
La guerre en Ukraine a amené la société portugaise Tekever à mener une refonte profonde de son drone AR3 tant sur le hardware que sur le software. Présent sur le front, le drone, désormais appelé « AR3 Evo », dispose d’un nouveau moteur thermique, plus endurant et plus performant dans des températures hivernales. Modulaire, il est proposé dans deux configurations : catapulté avec son moteur désormais placé à l’avant, soit à décollage-atterrissage vertical (depuis une surface 5×5 mètres) avec deux bras additionnels dotés de deux batteries, seuls éléments électriques à bord.
Sa durée de vol a été poussée jusqu’à 14 heures, non-stop. Doté de systèmes de communication avancées, l’AR3 Evo transmet en temps réel, images, données avion comme vidéos. Sa silhouette s’est affinée, pour plus de furtivité. Le droniste a beaucoup travaillé sur la résistance au brouillage. Et désormais, l’AR3 Evo « a une particularité par rapport aux drones de même catégorie [25 kg, ndlr] : il est bi charge. Il peut emporter une boule optronique et tout équipement pour du renseignement, avec une capacité d’emport maximum de 6 kg », détaille Nadia Maaref, directrice général France de Tekever.
Duale, la société a débuté dans la surveillance terrestre (Amérique de Nord, Canada pour la surveillance des feux de forêts ou celle de pipelines en Afrique de l’Ouest) et dans la surveillance maritime grâce à la grande autonomie de ses drones. L’AR3 et l’AR5 sont déployés pour le compte du ministère de l’intérieur britannique pour une surveillance continue de la Manche. Et un contrat avec l’Agence européenne de surveillance maritime, l’EMSA, depuis 2016, déjà renouvelé deux fois, les fait connaître du Portugal bien sûr, de la France (la Marine nationale a essayé l’AR3 et l’AR5), de l’Italie, de l’Espagne, des Pays baltes ou encore de l’Islande.
Plus gros, l’AR5 vole jusqu’à 700 km de sa station, couvrant l’équivalent d’une zone exclusive d’un pays. D’une capacité d’emport de 50 kg, sa vitesse de croisière de de 100 km/h. « C’est un drone à voilure fixe, bimoteur thermique, aussi équipé d’un lien satcom – ce qui est assez unique dans sa catégorie, il pèse 180 kg, et donc décolle d’une piste : dans le paysage des drones ISR, il n’a pas vraiment de concurrent de sa taille et de ses capacités », explique Nadia Maaref. « Maritimisés, très endurants, nos drones sont appréciés des garde-côtes et en toute logique, nous voulons développer le secteur maritime avec des marines nationales ou d’autres entités chargées de l’action de l’État en mer ».
- Aude Leroy