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Le SV70 DC, une plateforme hauturière polyvalente pour la mise en œuvre de tous types de drones.
La souveraineté est au cœur des préoccupations des États. Kership leur propose une solution : un bateau porte-drones. Zoom sur le SV70 DC (pour Drone Carrier).
La société issue de la joint-venture entre Piriou (55 %) et Naval Group (45 %) a eu l’idée de prendre le modèle des bâtiments de soutien et d’assistance, les BSAOM et BSAM, déjà éprouvés à la mer (notamment dans les outremers français pour les BSAOM), d’aménager un pont arrière de 250 mètres carrés pour proposer une plateforme polyvalente.
« Cet espace libre peut accueillir une charge utile, qu’elle soit dédiée à la guerre des mines, à la maîtrise des fonds marins ou à toute autre mission spécifique », explique Franck Blanchard, chef de produit au sein de Kership. « Nous répondons là aux besoins spécifiques de la plupart d’États côtiers qui veulent protéger leur espace maritime et sous-marin ». La France, rajoute-t’il, a d’ailleurs rendu publique sa stratégie ministérielle de maîtrise des fonds marins en février 2022.
La préservation et l’atterrage des câbles sous-marins, dont ceux des fibres optiques qui assurent 99 % des flux numériques, forment l’un de ces enjeux. Mais le SV70 peut être la solution adéquate pour protéger les critical underwater infrastructures (CUI) qui regroupent aussi les pipelines, l’assistance en cas d’incendie ou encore l’ensemble des missions de l’action de l’état en mer (lutte contre les trafics, pêche illicite, secours…). Pour la guerre des mines, le SV70 offre une solution alternative au chasseur de mine dédié, estime Franck Blanchard.
Couteau suisse, ce bateau offre une grande polyvalence
En fonction des demandes étatiques, le pont arrière peut être aménagé de bossoirs basculants, Launch and Recovery System (LARS) en anglais, ces appareils de levage, d’un portique, de conteneurs ou d’une zone de posé pour drone.
La soute accueille par exemple un atelier d’entretien pour ROV et drones, un stockage de matériels, un caisson hyberbare, un local pour des plongeurs… A bord, la capacité de logement a été relevée à 50 personnes dont les 18 membres d’équipage et une trentaine de personnels dédiés à la mission choisie. Ce navire hauturier peut notamment accueillir un échelon d’un état-major tactique embarqué.
Le navire est équipé d’un data center qui permet à son équipage de traiter la donnée, de la stocker et de la transmettre. L’entreprise propose notamment le système de gestion de mission et de traitement des données de drones, développé par Naval Group : le Steeris Mission System. Mais chaque pays client peut y faire installer ses propres systèmes souverains.
Toutes ces capacités et la modularité de ce véritable ‘couteau suisse’ peuvent séduire de nombreux pays, espère Kership, qui le propose « à un coût modéré », selon Franck Blanchard. Selon l’organisation de l’État acheteur, ce porte-drone peut équiper les marines, les douanes, les affaires maritimes…
Une maquette est visible sur le stand de Kership et une keynote dédiée y sera présentée le 5 novembre.
- Aude Leroy