03 nov. 2026

« Interdiction maritime autonome » : Pelagon veut changer la protection en mer

Pelagon veut faire évoluer la protection des ports, des bases navales et des infrastructures sous-marines, dans la perspective de passer de la simple « maritime awareness » à une capacité d’interdiction maritime autonome, combinant capteurs acoustiques, IA et intercepteur sous-marin, tout en laissant la décision à l’opérateur humain.

  1. Le dispositif d’interdiction maritime de Pelagon combine détection, identification et interception des menaces en mer, sous le contrôle de l’opérateur.
  2. ORCA analyse l’environnement sous-marin pour détecter, localiser et classifier les contacts.
© Pelagon

Surveiller une zone maritime ne suffit plus : pour les ports, les bases navales ou les infrastructures sous-marines, le défi consiste aussi à détecter des menaces sous l’eau, tels que des drones, des plongeurs ou encore des engins déposés sur les fonds marins. C’est justement sur ce terrain que se positionne Pelagon. La société française veut dépasser la logique de « maritime awareness », consistant à surveiller ce qui se passe dans une zone donnée, pour aller jusqu’à l’interdiction maritime, en détectant, qualifiant et, si nécessaire, interceptant une menace.

« Nous ne voulons pas seulement apporter la connaissance de la situation, mais aussi les moyens d’agir », explique Gauthier Bouxin, co-fondateur et président de Pelagon. L’ancien officier de la Marine nationale estime que cette approche doit permettre de passer « d’une surveillance ponctuelle à une protection permanente ».

Une chaîne, du capteur à l’interception

L’architecture développée par Pelagon repose sur plusieurs briques. PEARLSest un réseau de capteurs installés sur le fond marin, principalement acoustiques et passifs, qui écoutent en permanence l’environnement sous-marin et traitent les données sur place. Ces informations alimentent ORCA, le système de perception maritime de Pelagon, capable de détecter, de localiser et de classifier les contacts avec un niveau de confiance. MARLIN, engin filoguidé et piloté par un opérateur, complète cette chaîne avec sacapacité d’interception.

« L’objectif est de détecter la menace tôt, de la qualifier et de donner à l’opérateur ce qu’il faut pour intervenir », résume Gauthier Bouxin. Pelagon parle ainsi désormais d’« interdiction maritime autonome », des termes qui ne signifient pas que le système décide seul d’engager une cible. Car, si la surveillance et une partie de la chaîne de perception peuvent être automatisées, l’opérateur conserve la décision pour chaque intervention.

Premiers déploiements et prochaines étapes

La technologie de détection fonctionne déjà en mer, Pelagon indiquant avoir déjà réalisé un premier déploiement commercial sur une ferme aquacole en Méditerranée, qui sert également de terrain de validation pour recueillir des données dans des conditions réelles.

Les cas d’usage visés couvrent les ports commerciaux et militaires, les bases navales, les sites d’énergie offshore et les atterrages de câbles sous-marins. La société prévoit à présentd’enchaîner les essais en mer et les démonstrations auprès de marines européennes, avec des déploiements pilotes envisagés dans des ports et sur des sites d’infrastructures. MARLIN se trouve à un stade plus précoce, celui-ci étant encore en développement, mais ayant déjà passé ses premiers essais.

L’approche de Pelagon sera présentée à Euronaval avec un démonstrateur réunissant ses capacités de détection, d’interception et de modélisation de l’environnement acoustique dans une zone portuaire, avec pour objectif de montrer concrètement comment les différentes briques s’articulent, de la détection à l’identification, jusqu’à l’intervention.

03 nov. 2026

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