05 nov. 2026

Kinéis : de l’espace à la mer, la donnée maritime comme enjeu de souveraineté

Détecter un navire ne suffit plus, il faut pouvoir vérifier sa position et se fier aux informations recueillies. Grâce à l’AIS satellitaire et à ses outils de spoofing, Kinéis veut fiabiliser la surveillance maritime. En maîtrisant la chaîne, de la collecte des signaux au traitement des informations, stockées en France, l’opérateur défend une approche européenne de la souveraineté des données stratégiques.

  • De l’espace à la mer : Kinéis collecte les signaux des navires grâce à sa constellation de nanosatellites.
  • Kin’Trust63, la solution anti-spoofing de Kinéis, vise à détecter les falsifications de position des navires et à calculer leur position réelle.
© Kinéis

Grâce à ses 25 nanosatellites, Kinéis étend la collecte des signaux AIS (système d’identification automatique des navires qui transmet notamment leur position) au-delà des zones couvertes par les stations terrestres côtières. L’opérateur français, premier opérateur européen d’une constellation de satellites dédiée à l’Internet des objets (IoT) et à l’AIS, annonce une capacité pouvant atteindre 100 000 navires identifiés par leur numéro MMSI (Maritime Mobile Service Identity) et 10 millions de messages reçus par jour.

Pour les acteurs de la défense et de la sécurité, l’enjeu est aussi de déjouer les tentatives de manipulation des informations. « L’AIS peut être soumis à des phénomènes de jamming et de spoofing consistant à transmettre de fausses informations de position pour masquer ou modifier la localisation réelle d’un navire », explique Thomas Hiriart, directeur général de Kinéis, soulignant ainsi l’importance de pouvoir s’appuyer sur des informations fiables pour évaluer les risques en mer.

Deux technologies au service de la surveillance maritime

À Euronaval, Kinéis présente principalement deux solutions complémentaires : Kin’AIS, qui collecte les signaux AIS satellitaires grâce à des antennes multi-brins conçues pour optimiser leur réception dans les zones maritimes denses, et Kin’Trust63, qui vérifie la fiabilité des positions en détectant les tentatives de falsification des signaux.

Cette dernière exploite des algorithmes de détection et l’effet Doppler pour repérer les incohérences et calculer une position plus fiable avec une précision annoncée d’environ cinq kilomètres. « Notre approche consiste à ne pas seulement transmettre davantage de données, mais à apporter davantage de confiance dans la donnée », insiste Thomas Hiriart.

La souveraineté, de l’infrastructure à l’usage opérationnel

La fiabilité des informations constitue aussi un enjeu de souveraineté : en maîtrisant l’ensemble de la chaîne, de la collecte satellitaire au traitement et à la mise à disposition des données, stockées et gérées en France, Kinéis veut offrir aux acteurs européens une capacité autonome, qui en dépende pas exclusivement d’infrastructures ou de fournisseurs extra-européens.

Les usages visés concernent notamment la surveillance de zones sensibles et de routes stratégiques, la détection de comportements inhabituels ainsi que la lutte contre la pêche illégale, la piraterie et les trafics. L’ambition présentée à Euronaval est donc à la fois de renforcer la visibilité sur les activités en mer et de donner aux utilisateurs les moyens de mieux interpréter les informations recueillies : « Passer de la capacité à voir les navires à la capacité à mieux comprendre ce qui se passe en mer », résume Thomas Hiriart.

Ce mercredi 4 novembre à 15h, Kinéis propose une démonstration en direct de Kin’AIS, son flux de données AIS satellitaires, et de Kin’Trust63, sa solution de détection des falsifications de positions AIS (anti-spoofing). Rendez-vous sur son stand F 93 situé Hall 6.

05 nov. 2026

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