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Sonusia : une bulle de protection contre les attaques sous-marines
Créer un maillage passif et modulaire de surveillance sous-marine, pour renforcer la sûreté et la sécurité maritimes, c’est l’objectif de cette innovation d’Alseamar, à l’heure de la multiplication d’attaques sous-marines et en surface.
Prenez le détroit d’Ormuz, un grand port français, un gazoduc en eaux profondes en Baltique… Autant d’infrastructures ou de lieux sous-marins vulnérables à un acte terroriste ou à des actions malveillantes (trafic de drogues…).
En face, une solution sous-marine pour la détection et l’identification de menaces, répartie entre plusieurs capteurs trop petits pour être détectables mais surtout, tous dotés du sonar passif Auris, déjà en opération dans les Forces françaises. Grâce à un calculateur et des algorithmes de détection embarqués et équipé d’hydrophones et de capteurs environnementaux, Auris permet l’acquisition et le traitement en edge-computing (traitement informatique qui s’effectue à l’emplacement physique de l’utilisateur ou de la source des données, ou à proximité) des anomalies acoustiques et non acoustiques en temps réel : sous-marin en approche, tracteur ou drone sous-marin par exemple. Mobiles (planeurs SeaExplorer), semi-mobiles (bouées SeaMonitor) ou tapis sur le fond marin (stations autonomes SeaNode), plus les plateformes sont nombreuses, plus leur densité augmente la sûreté de détection rendant la zone surveillée étanche.
Une surveillance discrète
Sonusia, le nom de la dernière innovation d’Alseamar, est une combinaison de briques technologiques de la PME droniste, conçue par ses ingénieurs sous l’impulsion de Thibaud Bezacier, leur président : « Il y a deux ans et demi, je leur ai demandé d’assembler nos produits internes pour mieux sécuriser l’environnement sous-marin. Ce type de solution n’existe pas, à ma connaissance, sous cette forme. Nous avons de nombreuses demandes, plutôt dans le domaine de la défense pour protéger des ports, des zones de mouillage, des infrastructures comme les fondations marine d’un champ d’éoliennes, un atterrage de câbles ou encore dans le détroit d’Ormuz pour surveiller les allées et venues de bateaux ou d’objets sous-marins ».
Typiquement, l’entrée d’un port comme celui de Toulon pourrait être sécurisée par une première capacité resserrée : une trentaine de planeurs, une autre de bouées et quelques stations autonomes. Le dispositif peut être étendu dans la profondeur.
La modularité des plateformes permet une remontée des informations en temps-réel grâce aux bouées en surface, et en temps quasi-réel grâce aux planeurs SeaExplorer vers le C2 maison d’Alseamar, Glimpse, qui permet la fusion et l’analyse des données traitées en embarqué.
« Sonusia est volontairement dotée d’une architecture ouverte : on peut y intégrer d’autres technologies externes comme le DAS pour Distributed Acoustic Sensing [qui communique par impulsion laser le long d’une fibre optique, ndlr] », détaille Thibaud Bezacier. Les possibilités d’assemblage sont infinies, comme le jeu Lego. Et pour un coût allant d’une dizaine de millions d’euros à plusieurs centaines. Interopérable notamment avec les standards OTAN, Sonusia intéresse aussi le monde civil, comme les forces de l’ordre qui pourchassent les trafiquants de drogues dans les ports.
- Aude Leroy